Moustique tigre posé sur la peau, vecteur de la dengue et du chikungunya
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Bilan dengue et chikungunya 2025 en France : 30 cas autochtones de dengue, 809 de chikungunya — ce que cela change pour l'été 2026

Par L'équipe ProDeratisationPublié le 18 juillet 20268 min de lecture

Le 6 mai 2026, Santé publique France a publié son bilan 2025 de la surveillance des arboviroses en France hexagonale (chikungunya, dengue, Zika). Le constat est sans équivoque : la saison 2025 a été historique pour le chikungunya avec 809 cas autochtones — un record depuis 2006 — et la dengue a continué de s'implanter localement avec 30 cas autochtones identifiés. Pour l'Île-de-France et plus largement pour les Franciliens qui préparent l'été 2026, ce bilan n'est pas une statistique de plus : il change la manière dont il faut se protéger, chez soi comme en voyage.

Ce que dit le bilan 2025

Le bulletin national « Chikungunya, dengue et Zika en France hexagonale. Bilan 2025 » couvre la période de surveillance renforcée du 1er mai au 30 novembre 2025. Trois chiffres doivent être retenus :

  • 30 cas autochtones de dengue identifiés, répartis dans 11 épisodes de transmission (de 1 à 10 cas par épisode), plus 1 cas isolé dont le lieu de contamination n'a pas pu être établi ;
  • 809 cas autochtones de chikungunya et 79 épisodes de transmission, du jamais vu depuis le début de la surveillance en 2006 ;
  • 81 départements hexagonaux avaient au moins une commune colonisée par le moustique tigre (Aedes albopictus) au 1er janvier 2025, soit environ 49 % de la population française exposée.

Les premiers symptômes de dengue autochtone se sont échelonnés du 25 juin au 14 septembre 2025, avec une durée médiane des épisodes de 12 jours (2 à 82 jours selon les foyers). Cette chronologie est importante : elle montre que la « fenêtre de risque » s'ouvre tôt dans l'été, bien avant les grandes chaleurs d'août.

Pourquoi 2025 a été une année historique

L'emballement du chikungunya s'explique par l'épidémie majeure qui a frappé La Réunion dans l'océan Indien en 2024-2025, provoquée par une souche ECSA-2 portant la mutation E1-226V, particulièrement adaptée au moustique tigre. Des voyageurs contaminés à La Réunion ont ensuite été piqués en métropole, déclenchant des chaînes de transmission locale dans le sud de la France. Santé publique France identifie 79 épisodes distincts, avec des foyers parfois très groupés (un épisode a réuni à lui seul 10 cas à Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône).

Pour la dengue, la progression est plus lente mais constante : 30 cas autochtones en 2025 contre moins d'une dizaine les années précédentes, et pour la première fois un épisode identifié en Nouvelle-Aquitaine (Langon, Gironde, 3 cas). Les sérotypes DENV-1, DENV-2 et DENV-3 ont tous circulé, signe que le moustique tigre est désormais un vecteur compétent pour plusieurs souches virales.

« 809 cas autochtones de chikungunya en 2025, c'est un record depuis la mise en place de la surveillance en 2006. » — Santé publique France, bulletin du 6 mai 2026.

L'INRAE a par ailleurs confirmé en 2024 pour la première fois la présence du virus de la dengue directement dans des moustiques tigre capturés en France hexagonale (foyer de la Drôme, été 2023), ce qui valide le rôle vecteur d'Aedes albopictus sur le territoire national.

La carte 2025 des épisodes de dengue

Le bilan régional publié par Santé publique France détaille la géographie de ces 11 épisodes de dengue autochtone :

  • Provence-Alpes-Côte d'Azur : 3 épisodes, 16 cas — notamment Aubagne (10 cas) et Rognac (5 cas) ;
  • Occitanie : 5 épisodes, 6 cas ;
  • Auvergne-Rhône-Alpes : 2 épisodes, 4 cas ;
  • Nouvelle-Aquitaine : 1 épisode de 3 cas à Langon (Gironde), une première dans la région.

Les cas primaires importés (à l'origine de 6 des 11 épisodes) provenaient de Polynésie française (3), de Martinique (1), de Thaïlande (1) et des Fidji (1). Autrement dit, chaque voyageur contaminé sous les tropiques qui rentre en métropole pendant la saison d'activité du moustique tigre peut, théoriquement, être à l'origine d'un foyer local. L'Île-de-France n'a pas connu d'épisode de dengue autochtone en 2025, mais sa colonisation massive par le moustique tigre et la densité de population en font une zone où la prochaine transmission locale est plausible.

Eau stagnante dans une soucoupe de pot de fleurs : le principal gîte de ponte du moustique tigre en milieu urbainEau stagnante dans une soucoupe de pot de fleurs : le principal gîte de ponte du moustique tigre en milieu urbain

L'Île-de-France, prochaine zone à risque ?

L'Île-de-France coche presque toutes les cases d'une zone favorable à une transmission autochtone :

  • Colonisation ancienne et stable : le moustique tigre est implanté en petite couronne et progresse vers la grande couronne depuis le milieu des années 2010 ;
  • Densité de population : plus de 12 millions d'habitants, dont une part importante voyageant vers les zones tropicales (Antilles, océan Indien, Asie du Sud-Est) ;
  • Voyages retours : Roissy-Charles-de-Gaulle est la première plateforme aéroportuaire française pour les vols en provenance des zones endémiques ;
  • Climat urbain : îlots de chaleur, balcons et toits-terrasses multiplient les gîtes larvaires en été.

Le risque n'est donc plus théorique. Le scénario redouté est celui d'un foyer de dengue déclaré en été après l'arrivée d'un voyageur virémique : si le moustique tigre local le pique dans les jours qui suivent, il devient lui-même vecteur et peut transmettre le virus à d'autres personnes piquées dans un rayon de quelques centaines de mètres.

Pour limiter ce risque, l'ARS Île-de-France et les opérateurs de démoustication réalisent chaque année des opérations ciblées autour des cas suspects (périmètre de 150 à 200 mètres), avec pulvérisation d'adulticides et traitement des gîtes larvaires. C'est ce dispositif qui sera activé en cas de signalement cet été.

Les bons réflexes à adopter dès maintenant

Le moustique tigre est un moustique diurne et urbain, qui pique principalement à l'extérieur des habitations, tôt le matin et en fin de journée. Sa durée de vie est courte (3 à 4 semaines) mais il suffit d'une flaque d'eau stagnante de la taille d'un bouchon pour qu'une femelle y ponde entre 50 et 200 œufs. Ces œufs résistent à la dessiccation plusieurs mois et éclosent dès les premières pluies chaudes. C'est pourquoi la lutte contre les gîtes larvaires est la mesure la plus efficace.

Voici les six gestes prioritaires à mettre en place chez soi et autour de chez soi :

  1. Vider une fois par semaine toutes les coupelles, soucoupes, arrosoirs, seaux, jouets d'enfants, et tout récipient susceptible de retenir de l'eau.
  2. Couvrir les réservoirs d'eau (cuves, citernes, bacs de récupération) avec une moustiquaire ou un couvercle hermétique.
  3. Entretenir les gouttières, regards, siphons de sol et bondes d'évacuation : un simple coup de fil permet d'éliminer l'eau qui stagne.
  4. Éliminer les pneus usagés, bâches, brouettes, jeux d'enfants retournés et tout objet pouvant servir de réservoir.
  5. Tailler régulièrement la végétation dense, car les moustiques tigres se reposent dans les haies et buissons à moins d'un mètre du sol.
  6. Installer des moustiquaires aux fenêtres, surtout pour les chambres d'enfants, et utiliser un répulsif cutané homologué (DEET 30-50 %, icaridine 20 %, IR3535) en complément des vêtements longs aux heures de piqûre.

Pour les personnes particulièrement exposées — femmes enceintes, personnes âgées, patients sous immunosuppresseurs ou résidant dans un périmètre d'opérations de démoustication — l'ARS recommande de consulter en cas de fièvre brutale, de douleurs articulaires intenses ou d'éruption cutanée dans les 7 à 14 jours suivant un voyage en zone tropicale ou une piqûre en France.

Le rôle de ProDeratisation en Île-de-France

Notre service anti-moustiques intervient dans toute l'Île-de-France pour les particuliers, les copropriétés, les restaurateurs et les gestionnaires de parcs et jardins. Nous proposons :

  • un diagnostic des gîtes larvaires sur votre propriété (balcon, jardin, cour d'immeuble) ;
  • la pose de pièges pondoirs sentinelles qui détectent la présence du moustique tigre en amont des piqûres ;
  • des traitements larvicides ciblés (Bacillus thuringiensis israelensis — Bti), compatibles avec les animaux domestiques et la présence d'enfants ;
  • un accompagnement administratif en cas de signalement par l'ARS : rapport d'intervention, cartographie, conseil sur les opérations de démoustication de périmètre.

Pour les opérations de grande ampleur (camping, hôtellerie de plein air, base de loisirs, événement en extérieur), nous travaillons en coordination avec les opérateurs agréés par l'Entente de démoustication (EID).

Vous pouvez consulter nos tarifs ou obtenir une proposition immédiate via notre devis gratuit. Pour les situations urgentes — déclaration ARS en cours, périmètre de démoustication activé dans votre quartier, événement à protéger dans les 48 h —, notre page urgence vous met en relation avec un technicien 7 jours sur 7.

Voyager cet été : ce qu'il faut savoir

Le bilan 2025 insiste sur le fait que 6 des 11 épisodes de dengue autochtone sont liés à un voyageur rentré contaminé de Polynésie française, de Martinique, de Thaïlande ou des Fidji. La règle est simple : un voyageur qui présente de la fièvre dans les 7 jours suivant son retour de zone tropicale doit consulter rapidement, signaler son voyage à son médecin, et se protéger des piqûres de moustiques (répulsif, vêtements longs, moustiquaire) pendant les 7 jours qui suivent le retour pour éviter de contaminer un moustique local.

Pour les destinations à risque (Antilles, Guyane, La Réunion, Mayotte, Asie du Sud-Est, Amérique latine, Afrique de l'Est), l'ARS et Santé publique France recommandent une consultation pré-voyage chez votre médecin ou dans un centre de vaccinations internationales, avec mise à jour des vaccinations (fièvre jaune notamment) et prescription d'un répulsif adapté.

Ce qu'il faut retenir pour l'été 2026

Le bilan 2025 publié le 6 mai 2026 par Santé publique France n'a pas vocation à alerter pour alerter. Il dresse un état des lieux lucide : la France hexagonale n'est plus épargnée par les maladies transmises par le moustique tigre, et le risque de foyer local de dengue ou de chikungunya augmente avec la colonisation de nouveaux départements. L'Île-de-France, déjà colonisée et densément peuplée, est un territoire où la vigilance individuelle et collective paie : éliminer les gîtes larvaires, se protéger des piqûres en extérieur, signaler tout moustique tigre suspect via la plateforme signalement-moustique.fr.

Si vous constatez une prolifération anormale de moustiques tigres sur votre balcon, dans votre cour d'immeuble ou aux abords de votre commerce, ProDeratisation intervient dans toute l'Île-de-France avec un diagnostic gratuit et un plan d'action personnalisé. Contactez-nous ou consultez notre service anti-moustiques pour préparer l'été sereinement.

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