Le 6 février 2026, Santé publique France publiait le bilan national de la leptospirose pour l'année 2024 — la première année complète de déclaration obligatoire depuis l'inscription de la maladie dans la liste, en août 2023. Le chiffre est sans équivoque : 886 cas recensés sur l'année, 441 cas en France hexagonale et en Corse, 445 cas dans les DROM, 13 décès et un taux d'hospitalisation de 74 %. La maladie est sévère. Et la saisonnalité est nette : la recrudescence commence en mai, atteint son pic en août et se prolonge en septembre-octobre. À l'heure où l'été 2026 bat son plein et où l'Île-de-France alterne chaleurs et épisodes orageux — donc eaux stagnantes, crues éclairs et réseaux d'assainissement saturés — la question n'est plus de savoir si la leptospirose est présente sur le territoire : elle l'est. La question est de savoir pourquoi les rats en sont le premier réservoir et comment s'en protéger, en tant que particulier, parent, baigneur, jardinier, propriétaire ou gestionnaire d'immeuble.
La leptospirose, c'est quoi exactement ?
La leptospirose est une maladie bactérienne causée par des spirochètes du genre Leptospira. Le sérogroupe Leptospira interrogans sérovar Icterohaemorrhagiae est de loin le plus fréquent en France : il est porté par les rats bruns (Rattus norvegicus) — ces mêmes rats qui pullulent dans nos égouts, nos caves, nos locaux poubelles et au bord de nos cours d'eau urbains. La bactérie est excrétée dans l'urine des rongeurs infectés, et survit plusieurs semaines dans l'eau douce, la boue et les sols humides, surtout quand la température est douce (15-30 °C).
L'homme se contamine par contact entre une muqueuse (œil, bouche, nez) ou une peau lésée (plaie, égratignure, macération) et de l'eau ou un sol souillé par cette urine. Les activités à risque, en France hexagonale, sont bien identifiées :
- Baignade, canyoning, kayak, rafting, pêche en eau douce, surtout après une crue
- Jardinage et bricolage en extérieur, contact avec la boue ou des outils souillés
- Activités professionnelles : égoutiers, éboueurs, agents de voirie, agriculteurs, vétérinaires, pisciculteurs
- Vie en habitat collectif infesté par les rats : caves, locaux poubelles, parkings souterrains
- Voyages dans les DROM (La Réunion, Mayotte, Antilles), où la circulation est intense toute l'année
À retenir : la leptospirose n'est pas une « maladie exotique ». C'est une maladie infectieuse urbaine et périurbaine, transmise par le rat que vous avez dans votre cave ou dans le caniveau de votre rue.
Ce que dit le bilan Santé publique France 2024
Le bulletin national du 6 février 2026 (PDF Santé publique France) rassemble les données de la première année complète de déclaration obligatoire. Les chiffres-clés à retenir :
- 886 cas déclarés en 2024, dont 441 en France hexagonale et Corse (taux de notification 0,67 / 100 000 habitants) et 445 dans les DROM (La Réunion, Mayotte, Guadeloupe, Martinique, Guyane).
- 74 % d'hospitalisations, 13 décès : la maladie n'est pas bénigne. La forme sévère, dite « maladie de Weil », associe ictère fulminant, insuffisance rénale aiguë et hémorragies, avec une mortalité pouvant atteindre 10 à 15 % sans prise en charge.
- 79 % d'hommes, âge médian 49 ans, classes d'âge les plus touchées : 30-50 ans et 45-65 ans. Les hommes sont surreprésentés car ils cumulent les activités à risque (bricolage, sport, chasse, égout).
- Saisonnalité très marquée : démarrage en mai, pic en août, traîne jusqu'en novembre. La bactérie prospère dans l'eau tiède.
- Régions les plus touchées en hexagone : Bretagne, Bourgogne-Franche-Comté, Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes — toutes des régions où l'eau douce (lacs, rivières, plans d'eau) est très présente et où les populations de rats bruns sont denses.
- Expositions déclarées : baignade en eau douce (29 %), jardinage (15 %), contact avec des animaux (12 %), activités professionnelles (9 %), loisirs nautiques (8 %).
Lecture clé : la Leptospirose n'est pas un résidu du XIXᵉ siècle. Avec 886 cas en 2024 et un pic qui arrive maintenant (juillet-août), c'est un phénomène de santé publique installé, dont le rat est le premier vecteur.
La Réunion en alerte : 142 cas en avril 2026
L'Outre-mer vit une saison 2026 particulièrement sévère. Le bulletin du 17 avril 2026 de Santé publique France Océan Indien documente, à La Réunion :
- 142 cas recensés à mi-avril 2026 — un record pour cette période de l'année, qui dépasse déjà le précédent record mensuel de 61 cas (mars 2024) sur une seule année record.
- 66 cas déclarés rien qu'en mars 2026 : un mois de mars jamais vu.
- 6 cas sur 10 hospitalisés, dont 28 % en soins critiques / réanimation : la sévérité est massive.
- 1 décès déjà signalé à cette date.
- Prédominance masculine (89 %), classes d'âge 45-59 ans et 60-74 ans, expositions dominantes : agriculture, élevage, loisirs en eau douce (très pratiqués à La Réunion : rivières, bassins, canaux).
Et La Réunion n'est pas seule : la Martinique et la Guadeloupe sont aussi en surveillance renforcée. Pour un Francilien qui prépare ses vacances d'été 2026 dans les DROM ou qui rentre de voyage, la vigilance doit être maximale.
Auvergne-Rhône-Alpes : 139 cas entre 2023 et 2025
Le bulletin régional ARA publié le 9 juin 2026 (PDF Santé publique France ARA) confirme que la métropole n'est pas épargnée :
- 139 cas signalés entre août 2023 et décembre 2025 en Auvergne-Rhône-Alpes.
- 75 cas en 2024 (année record), 34 en 2025.
- Taux de notification le plus élevé en Savoie (2,21 / 100 000 habitants en 2024), suivi de la Haute-Savoie, de l'Ain et de l'Isère — toutes des zones de montagne et de sports d'eau douce.
- 84 % d'hospitalisations en 2024, dont 37 % en réanimation.
- Plusieurs cas groupés documentés : canyoning (étés 2023, 2024, 2025), triathlon de Vichy-Bellerive (été 2024). À chaque fois, le point commun : baignade ou immersion en eau douce après des pluies, dans des zones où la population de rats est dense.
Ce qu'il faut comprendre : la leptospirose n'est pas qu'un problème tropical. Les rats des berges, des parcs urbains et des réseaux d'assainissement contaminent en silence les rivières, étangs, lacs et canaux dans lesquels nous nous baignons, pagayons et marchons pieds nus.
Rat brun en gros plan, principal réservoir de la bactérie Leptospira en milieu urbain et périurbain
Les symptômes : du syndrome grippal à la maladie de Weil
L'incubation est courte : 2 à 30 jours, le plus souvent 7 à 14 jours après l'exposition. Les formes vont de la leptospirose modérée (80-90 % des cas) à la forme sévère (maladie de Weil, 5-10 % des cas).
Signes à connaître (forme modérée)
- Fièvre élevée brutale (39-40 °C), frissons
- Maux de tête intenses, rétro-orbitaires
- Douleurs musculaires (myalgies), surtout dans les mollets et les cuisses — très évocatrices
- Conjonctivite bilatérale
- Éruption cutanée possible
- Nausées, vomissements, douleurs abdominales
Ces signes évoquent au début un syndrome grippal ou une gastro-entérite, ce qui retarde souvent le diagnostic. Si vous avez été exposé à de l'eau douce ou à des rats dans les 2 semaines précédentes, parlez-en à votre médecin : un traitement par doxycycline démarré tôt (dans les 5 premiers jours) raccourcit la maladie et réduit le risque de forme grave.
Signes d'alerte de la forme sévère (maladie de Weil)
- Ictère (jaunisse) : peau et yeux jaunes
- Insuffisance rénale aiguë : urines très foncées, peu ou pas d'urines
- Hémorragies : saignements de nez, gingivorragies, pétéchies, hémoptysie
- Troubles neurologiques : confusion, agitation
- Détresse respiratoire
Urgence médicale : la maladie de Weil est une urgence vitale. Aux premiers signes d'ictère, de malaise intense ou de troubles neurologiques après une exposition à risque, appelez le 15 (SAMU) sans attendre.
Pourquoi les rats sont le problème central
La chaîne de transmission est entièrement structurée autour du rat brun (Rattus norvegicus). Comprendre cette chaîne, c'est comprendre pourquoi la dératisation est la première mesure de prévention collective.
Le rat : réservoir asymptomatique
Le rat brun héberge Leptospira dans ses reins et l'excrète en continu dans son urine, sans être malade lui-même. Un seul rat infecté contamine des dizaines de mètres carrés de sol humide, des flaques, des rigoles, des regards d'égout. Une colonie de 20 rats dans un réseau d'assainissement peut contaminer un tronçon de rue entier.
L'eau douce : le milieu de survie idéal
L. Icterohaemorrhagiae survit plusieurs semaines dans l'eau douce à 20-25 °C, et plusieurs mois dans la boue. Les réseaux d'assainissement sont un réservoir permanent, et après un épisode orageux ou une crue, l'eau souillée remonte dans les caves, les parkings, les sous-sols, les bords de Marne et de Seine, et les plaines de jeux.
L'homme : l'hôte accidentel
L'homme est un hôte accidentel : il ne transmet pas la maladie. Mais il paye le prix de la proximité avec les rats. Et c'est précisément cette proximité que Pro Deratisation est en mesure de faire reculer, par une dératisation professionnelle ciblée sur les réseaux d'assainissement, les caves d'immeubles, les locaux poubelles et les abords des bâtiments.
Pour comprendre comment la dératisation agit sur l'ensemble de la chaîne, voyez aussi notre dossier sur les raisons de faire appel à un professionnel de la dératisation et notre panorama de la dératification en été 2026.
Le plan de prévention complet
Pour les particuliers : la base
- Lutte contre les rats à la source : c'est la dératisation professionnelle de votre cave, votre local poubelle, votre garage, votre jardin. Un rat dans un rayon de 50 mètres autour de votre domicile, c'est déjà trop proche.
- Bouchage des points d'entrée : un rat passe par un trou de 1,5 cm. Comblez les fissures, les passages de canalisations, les soupiraux avec du grillage galvanisé et du mastic.
- Hygiène des déchets : bacs fermés et régulièrement nettoyés au jet haute pression, jamais de sacs dehors la nuit, compostage sécurisé au jardin.
- Stockage hermétique de toute nourriture humaine et animale (croquettes, graines pour oiseaux, alimentation du bétail).
- Pas de nourriture pour les animaux errants ni pour les oiseaux en excédent, surtout en été.
- Jardinage avec gants et lavage systématique des mains et des outils après contact avec la terre, la boue ou l'eau de récupération.
Pour les baigneurs et sportifs d'eau douce
- Éviter la baignade en eau douce trouble ou après un orage (l'eau souillée met 24-48 h à se redéposer).
- Ne pas marcher pieds nus sur les berges boueuses, surtout après une crue.
- Couvrir toute plaie (même petite) avec un pansement étanche avant l'activité.
- Porter des vêtements protecteurs pour le canyoning, le kayak, le rafting, le triathlon : combinaison, bottes, gants.
- Se laver et se doucher immédiatement après l'activité.
- Consulter un médecin en cas de fièvre dans les 2 semaines suivant l'exposition, même si la baignade vous a semblé anodine.
Pour les voyageurs en DROM
- Vaccination recommandée pour les séjours prolongés, les activités à risque (randonnée en rivière, canyoning, agriculture, élevage) à La Réunion, Mayotte, Nouvelle-Calédonie. Le vaccin Spirolept couvre L. Icterohaemorrhagiae (sérogroupe le plus fréquent) : 2 injections à 15 jours d'intervalle, rappel à 4-6 mois, puis tous les 2 ans. Demandez conseil à votre médecin ou à un centre de vaccinations internationales au moins 2 à 3 semaines avant le départ.
- Chimioprophylaxie par doxycycline possible en cas d'exposition brève à très haut risque (secours en zone inondée, professionnels).
Pour les professionnels exposés
Égoutiers, éboueurs, agents de voirie, agriculteurs, vétérinaires, pisciculteurs : la vaccination est recommandée par le Haut Conseil de la santé publique (HCSP). L'employeur a une obligation d'évaluation des risques et de mise à disposition des EPI (bottes, gants, cuissardes, combinaisons étanches). En cas de coupure ou de projection oculaire, rinçage immédiat et consultation dans les 24 heures pour antibioprophylaxie.
L'action de Pro Deratisation sur le réservoir
Le traitement de fond de la leptospirose, c'est la dératisation des lieux où les rats vivent, circulent et urinent. C'est exactement notre métier. Nos interventions, en Île-de-France et dans toute la France, ciblent :
- Réseaux d'assainissement et chambres de visite : pose de postes d'appâtage sécurisés (Certibiocide), traitement des tronçons à forte densité de rats.
- Caves d'immeubles et parkings souterrains : diagnostic, colmatage, appâtage, suivi.
- Locaux poubelles et gaines techniques : sécurisation, traitement, nettoyage haute pression.
- Bords de bâtiments, cours d'école, crèches, EHPAD, restaurants : mise en place d'un plan de lutte intégré (IPM) avec suivi mensuel.
- Parcs, berges, plaines de jeux : diagnostic, traitement en coordination avec les services municipaux.
Pour le cadre juridique et les obligations des propriétaires et syndics, relisez notre article sur la dératisation obligatoire en copropriété et en restaurant et pour les coûts, notre guide prix d'une dératisation professionnelle en 2026. Pour les cas spécifiques d'infestation massive, voyez aussi les rats dans les immeubles quand les poubelles sont mal gérées et les morsures de rat en école maternelle.
Eau stagnante dans une zone urbaine, milieu favorable à la survie de la bactérie Leptospira excrétée par les rats
En résumé
- La leptospirose est une maladie bactérienne sévère transmise par l'urine des rats bruns, avec 886 cas en France en 2024, 13 décès et un pic de cas en août qui arrive en ce moment même.
- La Réunion est en alerte historique (142 cas à avril 2026) ; l'Auvergne-Rhône-Alpes, la Bretagne, les Pays de la Loire sont les régions hexagonales les plus touchées en 2024-2025.
- Le rat brun est le réservoir central : dératiser caves, locaux poubelles, réseaux d'assainissement et abords de bâtiments, c'est couper la chaîne à la source.
- Baigneurs, kayakistes, jardiniers, propriétaires d'animaux, professionnels : adoptez les gestes barrières (pansements étanches, vêtements, lavage, vaccination si indiqué).
- Au premier signe de fièvre après une exposition à de l'eau douce, à la boue ou à des rats, consultez sans tarder : un traitement antibiotique précoce (doxycycline) peut tout changer.
Pro Deratisation intervient dans toute l'Île-de-France — Paris, Seine-et-Marne, Yvelines, Essonne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Val-d'Oise — ainsi que dans l'Oise et les départements limitrophes, pour le diagnostic, la dératisation, le suivi et le conseil auprès des particuliers, copropriétés, entreprises, restaurants, écoles, crèches, EHPAD et collectivités. Si vous suspectez la présence de rats dans votre environnement, ne laissez pas la bactielle s'installer : contactez-nous pour un diagnostic gratuit.
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